[ Un jeune homme châtain. Ses lèvres roses et pleines semblent s'épanouir sur son visage volontaire et parfaitement dessiné. Une mèche recouvre un de ses yeux d'un ton entre chocolat et verdure. Un sourcil obstiné reste dans mon angle de vue. Il plisse doucement son nez droit, l'air agacé.
Les traits de son visage sont crispés, assombrissant sa beauté fascinante. Il ne me voit pas, j'ai beau lui sourire, le prendre dans mes bras, lui déposer un bisou sur la lèvre ou lui claquer sa face immobile, aucune réaction. Je ne suis pas de son monde, ou plus. Comme inexistante à ses yeux.
Ce sont mes propres sanglots qui me tirent de sa vision. Je suis en boule dans mon lit, mes jambes se pressent contre mon ventre. Lorsque je ferme mes paupières, je me vois dans ma salle de bain, engloutissant des médicaments au hasard. Je répète quelque chose constamment, sans m'arrêter. Un petit mot, avec une ou deux trois syllabes, pas plus.
Je pleure d'autant plus. Je n'ose plus fermer les yeux et les laisse grands ouvert autant que possible, hantée par ces images. Et par lui.]Mes yeux sont toujours ouverts, de toute façon ils s'humidifient automatiquement de larmes. J'ai peur de ces images. Pourquoi ma mémoire me revient par éclairs, sans aucun signe au préalable ? N'importe quand, n' importe où, je peux m'effondrer à terre et pleurer toutes les larmes de mon corps. C'est effectivement un handicap considérable. Je pleurais encore, lorsque la porte s'est ouverte et une voix s'est fait entendre, recouvrant mes sanglots.
« - Sophie ? Qu'est-ce qui se passe ?! »C'est ma mère, je le sais déjà. Elle se pose sur le lit et soulève tout doucement la couverture. Je frissonne. Elle me berce et me demande ce que je voudrais.
« - Tu ne peux pas me faire oublier tout ça, mais tu pourrais me faire sortir maintenant. Tu pourrais m'emmener au coiffeur demain pour que je puisse aller à Loitsche quelques jours plus tard.
- Je venais justement te dire de faire tes valises. Je le fais ma chérie, d'ailleurs j'ai ton portable et ton mp3. Regarde ton téléphone, je suis sûre que tu as plein de messages.
- Merci Maman... »Je prends le portable qu'elle me tendait et l'allume. Je me rappelle de mon code PIN, heureusement. Mon fond d'écran c'est moi et mes deux meilleures amies. Mes messages sont saturés. Je relis mes vieux messages avant de tous les effacer. Mais aucun ne m'apprend ce que je veux savoir, aucun de ceux que j'ai envoyés ne traduit mon mal-être. Je supprime, pour laisser place à un myriade de SMS, certains en allemand, d'autres en français.
' So, c'est Lexia. Je ne sais pas quoi dire... Je peux même ne pas venir te voir. Je ne comprends rien, pourquoi t'as fait ça ? Tu semblais aller bien pourtant... Pourquoi tu ne me l'as pas dit ? Si tu ne survis pas je ne te pardonnerais jamais. Je t'aime coccinelle. ' J'aurais bien voulu t'aider chérie, mais je n'en sais pas plus que toi. J'ai envie de l'appeler, elle me manque. Je veux lui dire que je suis vivante, que je vais bien et que je voudrais bientôt la voir. Je demande à Maman si j'ai le temps de passer un coup de fil, et devant son acceptation j'appuie sur le téléphone vert et m'appuie à la fenêtre ouverte, séchant mes larmes.
Elle décroche après trois sonneries. Sa voix est anxieuse et sa tonalité me ramène loin en arrière.
« - ... Allô ?
- Je... Lexia, c'est Sophie.
- Putain, t'es enfin réveillée ?!
- On dirait bien...
- Depuis quand ?
- Ce matin.
- Et... comment tu vas ? »Je n'en sais rien moi même, comment pourrais je lui répondre ? Je ne me rappelle quasiment de rien sur ce sujet...
« - Ca peut aller. Tout ce qui touche de près ou de loin à mon ... suicide, je ne m'en souviens pas. Ou presque, quand je dors, et par flashs.
- Oh nan. Tu te rappelles de quoi par tes rêves ?
- Que j'ai bouffé tous les médocs qui me passaient sous la main, avec beaucoup d'alcool. Je sais que j'ai fait ça pour un mec châtain, avec une mèche. C'est tout.
- Okay... pas grand-chose en fait.
- Exact. J'aimerais trop te revoir, Lexou, mais je peux pas. »Si je ne vais pas à Loitsche avant une semaine, ce chat me rendra complètement chèvre. J'espère qu'elle le prendra bien. Pitié, qu'elle comprenne...
« - ... Pourquoi ?
- J'ai des choses à régler ici. Sinon je deviendrais folle à lier. Tu peux me rendre un service ?
- Oui.
- Préviens les autres s'il te plaît. Je dois y aller madame. J't'aime fort.
- Moi aussi So'. Bye » Je me retourne ensuite vers ma mère. Elle est assise sur le lit et me regarde, un sourire aux lèvres. Elle annonce, pleine d'énergie, qu'on 'se casse enfin de ce putain d'hosto' ! Je ris doucement et vais faire un bisou à ma voisine de lit en guise d'au revoir.
« - Bon courage. Tu vas être tranquille maintenant : pas de problèmes. A bientôt miss !
- Merci... Bonne chance à toi ! »Dans l'ébauche d'un dernier sourire, je quitte la pièce. Une nouvelle vie débute. Tant de mystères à éclaircir, tant de personnes à retrouver, tant de choses à expliquer... Ma mère me tire de mes pensées et me disant d'un ton enjoué :
« - Si tu veux, tu peux aller au coiffeur maintenant, je te dépose et tu m'appelles quand je viens te chercher ? Je pose tes valises à la maison.
- Maman, je pourrais rentrer à pied, ce serait plus simple. Tu me déposes au coiffeur de d'habitude ?
- Okay, d'accord. C'est parti !
- Et... Maman ?
- Moui ? »Je la regarde d'un air angélique, la bouille suppliante et des étoiles dans les yeux. Elle a compris ma demande silencieuse. Elle feigne un soupir, et répond :
« D'accord pour la teinture noire... Mais pas de mèches ! »Je lui décoche un bisou, tout sourire. Cette teinture j'en ai tellement rêvé... J'ai toujours voulu être vraiment brune. On est arrivés au salon de coiffure. Je la salue brièvement et saute hors de la voiture, après avoir quémandé de l'argent à ma génitrice.
Ce salon, j'y suis allée depuis que j'ai décidé de laisse tomber mes longs cheveux à la base brune, au milieu chatain et au bout blond. Mes capillaires ont rétrécis de plus en plus au fil des années, mais maintenant ils poussent de plus en plus vite. Au bout de sept mois, ils ne ressemblent plus à rien. Je souris à la demoiselle qui me coupe les cheveux depuis trois ans. Un sourire.
« - Je comprends que tu reviennes ici, tes si beaux cheveux... Je suis contente que tu sois sortie, tu sais.
- Merci... Et j'ai enfin le droit de me les teindre en noir !
- Wow ! Tu dois être contente... Installe toi, je suppose que tu me fais confiance, je te les coupe, puis les teints ?
- Voilà !
- C'est parti, alors... ! »Après trois heures d'impatience, je ressors du salon. Mes cheveux sont noir de jais et à nouveau coupés courts. Ma frange est diagonale et dégradée elle aussi, soulignant le vert de mes yeux. J'adore, tout simplement.
Dans la rue, je réfléchis. Je marche, sans but précis, mes pas me mèneront à ma demeure germanique de toute façon. Soudain, quelques secondes plus tard je me rappelle que j'ai mon mp3 dans ma poche de veste. Je le sors, heureuse de retrouver le porteur de tant d'émotions. La musique a bercé tous mes moments.
Je regarde mes playlists. J'appuie au hasard sur une des chansons d'un groupe allemand.
' Ich kann auch ohne dich '. L'introduction, puis une voix. Une fois de plus, je m'effondre à terre. Je déverse mes larmes sur le goudron sombre et froid. Je n'ai pas le réflexe d'arrêter la chanson, absorbée par la voix du chanteur. Je la connais. Mais d'où ?
L'image du châtain s'impose à moi, et tout mon corps se raidit. Je me mets à hurler, de douleur, d'incompréhension. J'en peux plus. Des passants essayent de me calmer, croyant que je me suis blessée. L'un d'eux a la bonne idée de me retirer les écouteurs. Je me détends un petit peu, mais continue à pleurer. Quelqu'un m'appelle. Un très grand brun, aux cheveux noirs profonds très courts et aux yeux d'un bleu transparent. Il écarte les gens, puis me prend dans ses bras . Son visage me rappelle quelque chose.
« - So' ! So', c'est toi ? Qu'est-ce qu'il t'arrive. C'est Fabian. Calme toi, s'il te plaît... »Il essaye de me relever, puis me tient dans ses bras fermement. Je m'aggripe à lui, inondant son épaule de larmes noires. Il congédie les curieux, puis me ramène chez lui. Je finis par arriver enfin à empêcher mes yeux de s'humidifier. Fabian me regarde, inquiet.
« - Ca va mieux ?
- Oui, merci beaucoup...
- De rien, c'est normal. J'ai failli pas te reconnaître, bizarrement c'est tes sanglots qui me disaient quelque chose... Tu es sortie quand ? Je suis passé te voir tout le temps, au moment ou ils avaient encore de l'espoir. Après, j'ai plus voulu revenir.
- Je viens de sortir.
- Et ta coupe te vas bien, même avec ton maquillage qui coule, t'es super mignonne. »Je lui souris, en le remerciant. Je ne sais toujours plus trop qui il était pour moi, mais je l'aime beaucoup. Il est adorable. Dommage que je ne me rappelles plus de lui.
« - Excuse moi Fabian mais depuis que je suis... réveillée, j'ai des problème de mémoire. Je crois qu' il y a des gens que j'ai préféré oublier...
- ...
- Qu'est-ce qu'on était, avant ? »Son visage s'assombrit. Il baisse ses charmants yeux, qui a présent brillent d'un éclat étrange.
« - A vrai dire, on est meilleurs amis. On se voit peu, très peu, vu que les trois quart du temps tu es en France. Mais pendant les vacances, on se lâche pas. On se connaît depuis quasiment toute notre enfance. On est sortis ensemble deux mois. On s'aimait vraiment, je pense. Un jour tu m'as dit que t'aimais deux personnes. Une de trop. On est alors restés bon amis, et de ce jour là je suis devenu plus que gay. J'ai renié les filles et ma bisexualité. T'es la seule fille qui m'attire encore.
- Maintenant je m'en rappelle très bien. Et tu veux que je te dise ?
- Oui ?!
- Je t'aimais vraiment.
- Qu'est-ce qui te fais dire ça ? Il y a encore cinq minutes tu savais plus trop qui j'étais.
- Justement ça. C'est les personnes qui me faisaient souffrir et que j'ai aimé que j'ai oublié inconsciemment. »Il sourit. Un poids semble s'élever de lui lorsqu'il s'écroule sur son lit, ses lèvres étirées.
« - J'ai toujours cru que tu m'avais pris pour un con... Wow, ça fait du bien un petit démenti. » Je ris doucement tandis qu'il s'étire copieusement. Il est plus que beau, j'ai vraiment des goûts irréprochables. Sa peau halée qui se détache de son t-shirt noir est superbe. Son corps est svelte, et pourtant bien bâti. Un sourire naît sur mes lèvres lorsque je lui déclare simplement :
« - Si je ne savais pas que j'ai la raison de ma tentative de suicide à retrouver, je t'aurais dit que tu me plaisais toujours. Mais bon, là ça n'avancera à rien, alors je me tais.
- Je sais que tu l'aimes toujours. J'ai entendu la chanson que tu écoutais. C'est typique de lui, ça. Va affronter tes démons. Et cette fois-ci, je serais là pour toi chérie...
- Cette fois-ci ?
- On était en froid il y a sept mois, j'avais très mal pris le fait que tu en aimes en autre. T'as sans doute pensé que tu ne pouvais plus compter sur ton ex comme tu l'aurais fait avec ton meilleur ami... Alors tu ne m'as rien dit, pas appelé, et t'as bouffé ton armoire à pharmacie...
- Okay...
- * Blanc *
- Je t'adore. T'es formidable, mais je dois y aller... Ma mère m'attends, et je dois partir dans quatre jours à Loitsche. Des affaires à régler là bas.
- Je te raccompagnes, je veux pas qu'il t'arrive encore quelque chose. »Je lui saute dans les bras, respirant son odeur tassée par le passé. Il me prend la main doucement et me guide vers la sortie. J'habite à cinq minutes de chez lui, et pendant ces cinq minutes rien n'a été prononcé. Il a simplement serré ma main si fort que j'avais l'impression qu'elle allait se détacher et tomber à terre.
Un éclair, un de plus. Je nous voyais, tout les deux, ensemble. Son sourire lorsque j'arrivais et me blottissais sur son torse, pour finalement quémander ses lèvres. J'écrivais son surnom sur ma main...
.Fab.Un surnom français, pas allemand. Tous les Fabian se surnommaient Fabi dans ce pays germanique. Pas le mien. Une façon de lui montrer qu'à mes yeux il était unique. Je l'aimais vraiment. Il restera toujours quelque chose, pas besoin de lutter contre ça.
Lorsque nos pas s'arrête devant mon portail, il compose le code et m'accompagne à l'intérieur. Son sourire complice m'annonce qu'il va justifier mon retard et qu'il s'en fera un plaisir. Ma mère, entendant le grincement de la porte se précipite vers l'entrée. Lorsqu'elle voit Fabian, un sourire éclaire son visage.
« - Fabi ! Je vois que vous vous êtes retrouvés !
- Oui, on s'est croisés alors qu'elle sortait du coiffeur ! Jolie la coupe, n'est-ce pas ?
- Je dois avouer que le noir te va bien, déclare ma mère. Fabi, tu ne m'embrasse même pas ?!
- Si, bien sûr ! » Il se dirige vers ma mère et l'étreint brièvement. Ma mère adore Fabian, malgré que celui-ci la dépasse de vingt bons centimètres, ce qui l'agace furieusement. Lorsqu'ils se séparent, Fab' se retourne vers moi, un air particulier au visage. Comme de la mélancolie. Il secoue discrètement la tête, et annonce, l'air désolé :
« - Je vais y aller moi... Mon père m'attend. So', tu me raccompagnes à la porte ?
- J'arrive.
- A la prochaine Fabi !
- A bientôt =) ! »Il vient chercher ma main, et me tire dehors. Il s'arrête de marcher et me regarde, l'air désolé d'avance. Lorsqu'il s'avance doucement vers moi, et m'embrasse. Indescriptible. Je me surprends à aimer ses lèvres et à amener ma langue à la sienne. Un tourbillon d'émotion a déferlé en moi. Des images, des voix, des parfums, son goût à
Lui, ont commencé à peser sur mes jambes ainsi que sur ma raison...
Lorsque Fab' a vu que je commençais à tourner de l'½il, il a très délicatement séparé nos lèvres.
« - Ca va ma So' ? Je te dégoute, c'est ça...
- Je me rappelle... : Fab'...
- J'ai tellement voulu te l'entendre dire... J'avais peur de ne jamais plus entendre ta voix. Excuse moi So', je sais pas pourquoi j'ai fait ça. J'en avais juste envie.
- C'est pas grave. Je regrette pas du tout ;D.
- Pourquoi t'as tourné de l'½il ?
- Je sais pas, il y a beaucoup de choses bizarres chez moi en ce moment. J'ai vu des choses défiler dans mon crâne. Fab', ton père t'attend. On se revoit bientôt... »Il m'amène à lui et dépose son visage contre mon front. Quelques secondes plus tard, il dépose amoureusement ses lèvres sur les miennes. Il me fait un sourire triste avant de sortir de mon chez moi d'un pas résigné.
A quoi il joue ?
[ Je fais un rappel des perso pour pas que Fab' vous perde ^_^ :
- So' : l'héroïne, père français, mère allemand.
- Kasimir : chat de Bill, mort pour lui.
- Lexia : best de So'
- Fab' ( PAS FABI DE KILLERPILZE /!\ ) : Ex de So', meilleur ami.
- Le beau châtain inconnu : la raison du suicide de So'.
Voil, j'espère que c'est plus clair ! =D ] # # #
Voilàà ! Alors, qu'est-ce que vous pensez de Fab' ? Je le trouve adorable ='D. Bon, j'espère que ce chap' vous a plu...
Il n'est pas très interressant, mais plutôt utile pour la suite. Le prochain éclaire presque toute l' 'intrigue '.
Bref, dites moi ce que vous en pensez ='D ! Pour poster prochain chap', j'aimerais avoir 30 com's... Dites, c'est possible ? J'aime pas trop le chantage, mais si je n'ai aucun avis, ça me soule un peu ^_^.
Edit:
Je fais une pause pour cette fic'. J'ai quelques chapitres d'avances, je les posterais plus tard.
J'ai du mal avec Tokio Hotel en ce moment et j'ai assez mal vécu le concert.
Désolée_
So'